Photos: Mai 2016 et Janvier 2019

Je me suis posée la question. Le mouvement des Gilets jaunes me semblait dans la continuité de Nuit debout...


A la suite des manifestations contre la loi Travail, le 31 mars 2016, naît le mouvement Nuit debout, place de la République à Paris. Les manifestants décident d'occuper la place et d'y dormir. Leur première revendication est le refus de la loi Travail (qui, rappelons le, a été adoptée le 8 août 2016, après un passage en force avec l'article 49-3).

Rapidement, les revendications du mouvement s'élargissent et les occupations s'étendent aux places publiques de la France entière. Des structures s'organisent pour tenir sur la longueur, notamment sur la place de la République de Paris (accueil, infirmerie, cantine, campement, nettoyage...).

Puis des ateliers et des réunions fleurissent en nombre pour ré-écrire la constitution, lutter contre la politique migratoire du moment, créer la radio Nuit Debout, lutter contre l'exclusion, l'homophobie, le racisme, le sexisme, apprendre la désobéissance civile, lutter contre les paradis fiscaux et l'évasion fiscale, écrire ensemble de la musique, méditer, étudier la communication non violente, faire du yoga, créer des collectes de fonds, de vêtements et de nourritures pour les migrants, lutter contre les violences policières, cuisiner, danser...

... et débattre. De tous les sujets possibles et imaginables ensemble, en échangeant les points de vue, les idées, les envies... Sans exclure personne et sans violence.

Contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux.

Assemblée générale.

"Peuple, soulève-toi"


Le mouvement des Gilets jaunes, né le 17 novembre 2018, des suites des manifestations contre l'augmentation de la taxe TICPE, répond également en premier lieu à une revendication principale.

Celle-ci va rapidement s'élargir à des revendications sociales et politiques telles l'annulation de l'augmentation de la TICPE, le rétablissement de l'ISF et de l'exit tax, l'augmentation du SMIC, des pensions pour les retraités, le référendum d'initiative citoyenne...  Et la démission du président Emmanuel Macron. Le 29 novembre 2018,  une délégation de huit Gilets jaunes, désignés dans l'urgence et à titre provisoire par des animateurs du mouvement, communique une liste de 45 revendications (https://www.ouest-france.fr/societe/gilets-jaunes/gilets-jaunes-environnement-emploi-precarite-impots-voici-leurs-revendications-6099353).

L'organisation des différents points de rencontre se fait très vite également. Relais et tours de garde des occupants sur les ronds-points, construction de cabanes, repas partagés, dons des commerçants et des voisins, soutient des automobilistes passants... Ces mobilisations donnent suite à des réunions un peu partout en France dans les villages, puis à des assemblées générales, à des actions non-violentes, et à des manifestations qui s'organisent tous les samedi après-midi dans les grandes villes.

Ces manifestations n'ont depuis lors pas cessé - décembre 2019 ndlr -. Certains en sont donc à un an de mobilisation non-stop...


Les deux mouvements se rejoignent sur de nombreux points tels l'absence de leader et de porte parole, et la volonté de n'appartenir à aucun mouvement politique.

Ils prônent la convergence des luttes. Ainsi que le droit à la parole pour tous, sans censure. Ils finissent d'ailleurs par s'organiser en commissions, suivant les principes de la démocratie direct. Les prises de décisions se font par consensus lors d'assemblées générales.

Les publiques sont sensiblement les même: étudiants, ouvriers, précaires, banlieues, intermittents, chômeurs, universitaires et migrants pour Nuit debout. Même chose pour les Gilets jaunes avec en plus agriculteurs, éleveurs, professionnels de santé, pompiers, retraités, lycéens, intellectuels, artistes...

Ces mouvements ont de manière générale des revendications anti-capitalistes et contre l'ultralibéralisme. Ils ne sont d'ailleurs pas sans rappeler Mai 68, les Indignés en Espagne, la génération des 700 euros en Grèce, Occupy aux Etats-Unis...